L'amour est pastèque.
Un court post de canicule (qui a envie d’écrire ou de lire une tartine par cette chaleur ?). Le meilleur remède contre la canicule : manger des pastèques, bien sûr. Dans Amour et pastèque (1984), cette toile de l’artiste congolais Chéri Samba, la chaleur circule entre les corps, dans les regards, dans cette étrange tension qui relie les êtres et les fruits. La pastèque est énorme, rouge, ouverte comme un cœur généreux ou un sexe. Elle devient le centre d’une scène où le désir semble se déplacer, passer d’une main à l’autre, d’un sourire à une attente.
Les couleurs éclatent. Le désir est électrique. Il y a dans cette toile une énergie de fête et de marché, une sensualité simple. Le plaisir est dans la fraîcheur du fruit, dans la promesse d’un partage, dans la proximité des corps. La pastèque devient un objet ambigu, à la fois nourriture et métaphore, pulpe et pulsion, douceur et intensité.
Chez Chéri Samba, l’amour est une force qui circule, une matière vivante qui traverse les gestes et les images. Amour et pastèque célèbre cette chaleur-là, celle d’un été intérieur où chaque tranche de fruit semble contenir une part de désir, de rire et de lumière.
En dialogue avec cette toile magnifique, je pose ce tube de Mbilia Bel, la star de la rumba congolaise, intitulé Mobali na ngai wana, qui devrait normalement vous donner de l’inspiration pour vos prochaines fiestas. 11 minutes de pure joie, lors desquelles Mbilia et ses copines donnent tout. J’aime tout dans ce clip, la chorégraphie, le montage quasi en temps réel, les robes, les fleurs, l’impression générale de gaité.


